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12
Oct

3- Ecologie comparée Seoul – Paris

J’ai récemment passé une semaine à Seoul.

J’ai été  frappé par deux choses : l’excellente  qualité de l’air et le faible niveau sonore, comparés à la pollution et au bruit qui prévalent dans les rues parisiennes.

Ce n’est pas mon premier voyage à Seoul, et je ne m’étais pas fait cette réflexion lors de mes précédents passages dans les années 1990, 2000 et 2010.

Deux explications possibles : la situation à Seoul s’est nettement améliorée, ou celle de Paris s’est sérieusement dégradée ; en fait, sans doute les deux :

 

Une politique « verte » a été menée à Seoul depuis plusieurs années :

  • Tous les bus fonctionnent au gaz naturel (GNV : Gaz Naturel Véhicules)
  • Les voitures sont soit hybrides, soit à essence ; pas de voitures diesel.

Le résultat est une pollution modérée et un niveau sonore raisonnable, même en bordure d’avenues très passantes. En effet, les moteurs à gaz ou à essence sont beaucoup moins polluants en terme de particules, SOx, NOx, et beaucoup moins bruyants que les moteurs diesels dont nous usons et abusons en France.

 

Et pourtant me direz vous, une politique « verte » a également été menée à Paris :

  • Fiscalité incitative pour le diesel, au motif qu’il produit moins de CO2 que l’essence : grâce à cette louable initiative, la majorité des voitures françaises sont aujourd’hui diesel.
  • Politique de gêne à la circulation des voitures dans Paris pour décourager les automobilistes, ayant pour résultat des embouteillages permanents. pendant lesquels les moteurs diesels au ralenti génèrent nuisances sonores et atmosphériques.

 

Seoul démontre qu’une très grande ville moderne (20 millions d’habitants) peut parvenir à limiter pollution et niveau sonore ; Paris apporte la preuve une fois de plus[1] que sous des prétextes écologiques on arrive à faire n’importe quoi et à atteindre le contraire des objectifs raisonnablement visés…

 

[1] voir également à ce sujet l’article sur ce même site « l’interdiction d’explorer les gaz de schistes : une violation du principe de précaution »

 

D.Venet
Gleamergy
dominique.venet@gleamergy.com

 

11
Jul

2- Russie, Chine et Route du Nord

La signature en mai dernier par Mr Poutine d’un accord de fourniture de gaz a la Chine peut être rapprochée d’un autre événement moins médiatisé fin 2013, l’ouverture par un méthanier affrété par Gazprom de la route Nord, ie la route maritime directe Europe Asie via le Nord de la Russie.

Dans les deux cas la Russie démontre son intention de ne plus avoir l’Europe comme client quasi-exclusif de ses exportations de gaz naturel, et de développer ses ventes en Asie.

Les ventes russes en Asie avaient débuté avec le GNL de Sakhaline, mais restaient mesurées, à partir de gisements qui n’auraient pas pu alimenter l’Europe.

Les deux exemples évoqués ci-dessus amènent par contre à réfléchir sur la notion d’arbitrage Europe / Asie par la Russie, situation fondamentalement nouvelle.

Dans le cas de la route Nord, il s’agit d’un arbitrage que l’on peut qualifier de « direct » : les méthaniers de Yamal LNG pourraient aller soit vers l’ouest et l’Europe, soit vers l’est et l’Asie ; pour la première fois, un même gisement russe devient arbitrable.

Dans le cas du contrat Chinois, l’arbitrage serait « indirect » : ce projet va nécessiter des investissements considérables, sur lesquels les Russes souhaiteront légitimement garder la main ; les capitaux ainsi mobilisés ne seront plus disponibles pour remettre à niveau les installations ouest Russie qui alimentent l’Europe.

En conclusion, la Russie est en train de se préparer à réduire à moyen terme sa dépendance à l’Europe (car c’est bien dans ce sens que la dépendance existait, et pas dans le sens inverse), son Client historique exclusif, et de se mettre en position d’arbitrer Asie et Europe comme le fait aujourd’hui avec moult profit le Qatar.

Hors l’alimentation par pipe ex Russie en particulier est l’une des raisons pour laquelle le prix européen est depuis quelques années inférieur de 30 à 40% au prix asiatique. L’arbitrage Russe pourrait bien contribuer à laminer cette différence au détriment de l’Europe.

Les Etats Unis sont eux hors débat, protégés par leur gaz de schiste ; mais le sujet est en France tabou, donc n’en parlons pas…[1]

 

[1] Si vous voulez en parler quand même, voir également à ce sujet l’article sur ce même site « l’interdiction d’explorer les gaz de schistes : une violation du principe de précaution »

 

D.Venet
Gleamergy
dominique.venet@gleamergy.com